
Je fais allusion ici aux violences dans l’enfance qu’elles se déroulent au sein de la famille ou de l’école , celles qu’on rencontre dans nos jeunes années et que l’on peut retrouver plus tard dans les institutions, le monde du travail, la société.
Quand on parle d’humiliation /de blessure d’humiliation on parle de quoi ?
L’humiliation peut être physique ou psychologique , on parle d’une personne qui cherche à rabaisser une autre , la mettre dans une posture de soumission et donc de fragilité, que ce soit par des actes ou des paroles. Une personne prend de l’ascendant sur une autre pour la réduire à l’impuissance, à l’inaction, au silence. Dans le cadre familial il s’agit souvent d’un parent qui souhaite assoir son autorité par cette attitude.
On parle de blessure d’humiliation ( voir l’ouvrage de Lise Bourbeau: « les 5 blessures de l’âme »)pour désigner la blessure émotionnelle liée à la position du parent qui critique , dévalorise que ce soit l’attitude de l’enfant, ses besoins .
L’humiliation crée un sentiment de honte et de colère pour celui ou celle qui l’a subit car il intègre son impuissance et aussi parfois, son incompréhension face à cette situation . A contrario, celui qui la pratique peut se sentir pendant un laps de temps rassurer sur sa capacité à gérer une situation qui a pu le mettre en difficulté .
Le recours régulier à l’humiliation physique ou psychologique est destructeur car il impacte durablement celui qui la vit .
Quand la honte s’installe, elle impacte la possibilité de regard et de la parole
Elle génère chez celui qui a ce vécu d’humiliation l’envie de se faire discret voire de disparaitre, la peur de parler, par peur de ce qui pourrait se produire , par peur que cela recommence.
Il lui est difficile de dire ce qu’il vit et peut même croire que c’est de sa faute , qu’il a pu même faire quelque chose de mal pour que cela lui arrive.
La honte est souvent en lien avec un sentiment de culpabilité.
Plus on a honte et plus on se sent coupable plus est difficile de s’autoriser à parler , à dire, à nommer.
Ces deux ressentis vont aussi affecter la confiance en soi et la confiance en l’autre.
S’autoriser à parler de son vécu pour s’en libérer
Parfois, il faut laisser beaucoup de temps passer pour parler ce qui nous a marqué dans notre enfance , pour passer un cap . Ce qui est tu , reste , dans notre corps , dans une partie de nos pensées, cela ne disparait pas comme la poussière que l’on peut mettre sous un tapis, elle n’est plus visible à notre regard mais elle est bien présente, sous le tapis.
Ce qui n’est pas parlé, reconnu, continue de nous affecté, nous influencer dans nos comportements même si nous ne percevons pas ou même si nous ne le percevons plus.


