
Certains professionnels parlent de mères toxiques, je préfère l’angle d’analyse du comportement pour éviter tout jugement de valeur, et parler d’une façon d’agir , de dire qui est toxique pour l’évolution, la construction de son enfant.
- Il y a les attaques sur le physique, le corps . Les critiques constantes ou du moins régulières qui nuisent à la bonne image de soi , au développement de la confiance en soi, de celles qui rabaissent , qui humilient. Ces critiques peuvent aussi s’attaquer à l’intelligence, à la capacité d’apprentissage . Le but inconscient c’est de faire sentir à l’autre qu’il est « moins » afin qu’il reste dans cette posture et qu’il ne cherche pas à surpasser son parent. Souvent la dynamique s’installe avec l’enfant du même sexe que le parent : mère/fille.
- Percevoir et conditionner l’enfant pour qu’il soit ou qu’il se voye comme le prolongement du parent , comme si, sans lui il ne pouvait exister. Là encore le parent l’emmène à douter de ses capacités pour diminuer son éloignement et donc son autonomie ce qui amène un mouvement où il revient toujours vers lui . Il vient en quelque sorte nourrir l’égo du parent . Le parent fait tout rester dans la fusion.
L’emprise du parent
Dans tous les cas , ce système fonctionne sur la base d’une emprise sur l’autre puisqu’il repose sur la dévalorisation et la culpabilisation de l’autre , l’humiliation et la critique ce qui alimente le sentiment d’insécurité intérieure .
Et par conséquent cela crée un système d’attachement, de dépendance affective.
Cela vient également créer des fausses croyances sur l’amour chez l’enfant, notamment qu’il se « mérite » donc qu’il est conditionné à ce que l’on fait ou ce que l’on dit ce qui vient activé la « peur « de perdre, de mal faire .
Cela crée aussi de la confusion mentale puisqu’on n’apprend pas à s’écouter car les choix de l’enfant ne sont jamais valorisé, validé.
Souvent l’enfant se positionne comme sauveur de son parent
Que l’enfant ait connaissance du passif de son parent dans la souffrance ou non, il y a un système de loyauté qui s’instaure entre le parent et l’enfant , et qui va même au delà, où l’enfant sent ou perçoit la souffrance du parent et veut l’en délivrer.
Il pense souvent qu’il est le seul à pouvoir le faire, il peut aussi avoir ce sentiment vis à vis du couple parental et penser que ses actions, son comportement évite que la cellule familiale explose ce qui bien sur , fait peser une responsabilité sur lui qui est « écrasante ». Et si il y a séparation des parents , il pense qu’il n’a pas fait « assez » ce qui peut le conduire à chercher des conjoints « à sauver » à l’âge adulte.
Reproduction du schéma de souffrance du parent
Dans certains cas, lorsqu’on a suffisamment d’information sur l’histoire de la mère on peut comprendre que de part son comportement vis à vis de son enfant, elle a chercher à le préserver de ce qu’elle a elle même connu, de ce qu’il a fait souffrir. Mais sa transcription du passé en ayant chercher à fuir sa souffrance ce qui en produit une autre ou dans un autre type de souffrance et il y a là une boucle qui se crée si l’enfant devenu adulte ne travaille pas lui même sur la sienne.
Poser des mots sur sa souffrance dans un travail d’accompagnement est donc essentiel , conscientiser pour briser le cercle, ne plus l’alimenter c’est s’alléger d’un poids qui vous avez pris qui n’est pas le votre.


